THERESE SAYARATH


34 ANS

SWITCHER POUR SURFER SUR LA BONNE VAGUE



Chef de produit parfums
chez Kenzo

  • Reconnaissance sociale
  • Bon salaire
  • Créativité
  • Perte de sens
  • Burn-out



Musicienne dans le groupe “La Vague”, projet solo à venir très prochainement
Styliste pour des artistes
Militante pour la liberté

  • remplir sa mission de vie
  • être cohérente et se sentir à sa place, trouver sa voie
  • faire passer ses messages, démocratiser l’information
  • créer
  • être en contact avec des artistes
  • explorer, enseigner




Thérèse a eu un parcours qu’elle qualifie de “classique et normé”, même s’il présente ses originalités. Elle a grandi en banlieue parisienne, avec une soif d’apprendre. C’était une enfant qui dévorait la vie. Après avoir obtenu son bac S option maths tout en continuant les cours d’Arts plastiques, elle a fait une prépa HEC et une grande école de commerce à Lyon. Elle avait envie de travailler dans le commerce équitable, mais sans bagage dans le domaine ce n’était évident. Et elle avait comme objectif de bien gagner sa vie, au plus vite. Une fois son diplôme en poche, elle décroche un contrat chez Kenzo Parfums en marketing, où elle avait précédemment effectué un stage. Elle y restera 5 ans et demi. Une expérience enrichissante démarre. Chef de produit pour un parfum à succès, Thérèse trouve un bon équilibre entre l’aspect créatif et l’aspect plus cartésien de son métier. Elle a l’occasion de former des stagiaires de son équipe, de participer à des castings de films, aux écritures de scénarios ; c’est très polyvalent. En résumé, Thérèse mène une vie de jeune cadre dynamique à Paris, elle a de super collègues, un métier de rêve sur le papier, et un bon salaire. Jusqu’au jour où un changement de direction générale va insuffler une mentalité nouvelle, et une vision trop différente de la sienne. Au premier abord, Thérèse le voit comme un challenge, elle se donne à 100% pour re-faire ses preuves. Grosse travailleuse, elle avance vite et efficacement (c’était sa force en prépa HEC). Petit à petit, le rythme global accéléré génère un stress palpable dans son environnement professionnel, la pression monte autour d’elle, elle ne supporte plus le climat de tension entre la hiérarchie et ses collaborateurs. A tel point qu’elle se demande pourquoi elle est à cet endroit, à travailler dans une direction qui va à l’encontre de ses valeurs. Où le profit et la rentabilité se font en dépit du bon sens. Elle a bien conscience que son métier ne “sauve pas des vies”, mais si elle pouvait apporter une part de rêve, démocratiser l’accès au luxe, faire du beau, c’était déjà une belle mission. Kenzo n’était pas un choix dénué de sens : cette marque a su diffuser de l’Orient dans le monde occidental. Cela motivait Thérèse de pouvoir montrer quelque chose de différent, et cette représentativité devient évidente si l’on connaît ses origines : l’Asie (Chine-Laos-Vietnam). Les parents de Thérèse ont immigré en France pour fuir l’arrivée de communistes au Laos pendant la guerre du Vietnam.

Qu’est-ce qui cloche ?
Au moment où Thérèse ne trouve plus de sens à son quotidien, où les questions émergent ; elle lit par hasard le livre Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant de Christel Petitcollin. Bien que son regard sur le fond de cet ouvrage soit plus critique aujourd’hui, elle est reconnaissante des questions que ce dernier a pu soulever chez elle. Grâce à ce livre, elle comprend pourquoi elle se sent toujours différente, pourquoi elle a des valeurs “dures”, pourquoi elle travaille si vite, pourquoi elle se dévalorise souvent. Elle réalise qu’elle est tiraillée entre un petit ego et une grande estime de soi : « tout s’éclaire et en même temps tout s’écroule ». Thérèse sent qu’elle a envie d’autre chose. Et des premiers signaux corporels comme les migraines, la fatigue intense apparaissent. Elle exprime alors son besoin de quitter son poste chez Kenzo, qui devient rapidement un besoin vital. Elle a du mal à être entendue. En boule dans son lit, elle réalise que la situation est grave. Pour trouver des solutions à son mal-être, Thérèse consulte un ostéopathe qui lui recommande une sophrologue. Cette femme l’aidera beaucoup dans son processus de réflexion. Bien qu’affaiblie physiquement, Thérèse se sent reboostée mentalement grâce à cette sophrologue. Elle trouve la force de se battre jusqu’au bout dans son entreprise pour obtenir une rupture conventionnelle.

Et donc ? Je fais quoi ?
Six mois environ seront nécessaires pour récupérer physiquement de son burn-out, et retrouver confiance petit à petit.

Pour démarrer sa nouvelle vie, Thérèse suit le processus d’individuation de Carl Jung : tout déconstruire pour choisir sa mission de vie, aller chercher qui on est au fond, en tant qu’individu (autant sur le plan professionnel que personnel). Elle fait un an de bénévolat pour aider des migrants à Paris, un vrai challenge affectif pour elle, qui capte toutes les émotions qui l’entourent.
Et c’est naturellement que Thérèse revient à ses premières amours, l’art et la musique. Elle a envie de faire de la musique, de monter un groupe, une envie présente au fond d’elle depuis longtemps). C’est le moment d’oser. Thérèse ne fait pas les choses à moitié, elle écrit des chansons, cherche des musiciens, embarque un binôme, John. La Vague est née. Usant de ses compétences en marketing, elle lance une campagne de crowdfunding pour la réalisation de leur premier disque : 7000€ récoltés ! Le disque sort en 2017. Le groupe donne des concerts, toujours bien remplis. Thérèse travaille sans relâche, en prenant beaucoup de plaisir.

Ainsi, ses deux ans de chômage passent...
DES SOLUTIONS POUR CONTINUER À VIVRE SA PASSION
La musique rapporte de l’argent, mais pas assez pour vivre. Thérèse est déterminée, passionnée, elle veut absolument pouvoir continuer à faire de la musique. Sa solution ? Trouver un travail qui la rémunère et qui lui laisse du temps à accorder à sa passion.
Elle est contactée par un ami qui travaille dans le commerce digital pour une mission. Elle obtient les conditions qu’elle souhaite, et démarre dans cette jeune équipe en tant que rédactrice rubrique mode du webzine. Elle écrit des articles de mode mettant en avant des marques. Cette expérience tombe au bon moment pour l’aider à poursuivre ses activités artistiques tout en payant ses charges fixes. S’en suivra une autre opportunité : être freelance dans une agence de communication digitale, à mi-temps. Sa mission principale : créer du contenu pour des marques de luxe. Elle va également sur des shootings et découvre l’envers du décor de ce qu’on voit sur Instagram. Elle apprend, voit un nouvel univers et apprend de nouvelles compétences. Les graines de sa future carrière de styliste sont plantées.
Sans le savoir, sa rencontre avec l’artiste Sônge lors d’un festival en 2018 va lui permettre de réaliser sa première expérience en tant que styliste. Elles ont des amis en commun, et Thérèse a le contact facile. Sônge la recontacte quelques jours plus tard sur Instagram, et lui demande de s’occuper de son stylisme pour la sortie de son album ! La puissance du feeling : elle a aimé le style de Thérèse, ce qu’elle dégage, son feed Instagram... C’est une occasion en or pour elle de faire quelque chose qu’elle aime, malgré sa peur face à l’inconnu. Elle relève le défi, et ça marche ! Début 2019, elle commence son activité avec des tarifs assez bas. Elle construit petit à petit son réseau. Une coach elle même reconvertie l’aide à structurer cette nouvelle activité et à mieux se connaître.
Du côté de La Vague, le deuxième EP est en route et le clip va sortir. À 32 ans, elle se sépare de conjoint de l’époque, elle déconstruit toute sa vision du couple, et ses projets de maternité. Elle ne dort pas beaucoup, travaille d’arrache pied pour payer seule son loyer. Le groupe La Vague se maintient malgré tout. Elle parvient à s’en sortir seule et en est fière. Elle s’endurcit petit à petit, déterminée à ne plus souffrir, jusqu’à se retrouver émotionnellement très fermée. Sa rencontre avec un étiopathe lui ouvrira les yeux : « être libre ce n’est pas le dire », « s’ouvrir à la vie c’est accepter la souffrance ».

Aujourd’hui dans une relation amoureuse très épanouie avec un mec féministe qui partage ses valeurs, Thérèse semble sereine.
Son activité de conseil en stylisme se développe. Elle accompagne des artistes qui cherchent à définir leur image vestimentaire, leur personal branding, pour la scène, des clips ou des shoots. La recette de Thérèse est un savant mélange de marketing, psychologie et musique : elle part de la personnalité des artistes, de leur musique et de leurs projets pour les aider à trouver leur identité visuelle. L’idée n’est pas juste d’être bien habillé.
Thérèse est aussi militante (antiraciste, féministe) par la communication, avec ses armes : la créativité, le rêve, les interviews, les tables rondes. Son but ? Faire réfléchir les gens sur la notion de liberté au sens large. Elle donne aussi des cours dans une école de mode, Casa 93, une école de mode ouverte à tous. Elle apprend aux élèves à confronter leur créativité à la réalité du monde du travail. Elle a récemment collaboré avec des étudiants de Sup de Pub aux côté de Safia Caré sur la création d’un livre qui questionne la consommation et particulièrement le rapport aux marques. Ce besoin de transmission est ancré en elle. LIBERTE CREATIVITE SOLIDARITE sont ses maîtres mots ! Thérèse se prête aussi modèle pour des marques qui lui parlent, toujours dans le but de faire passer des messages, de communiquer ses valeurs. “Quand tu te connais, tu arrives à faire ce pourquoi tu es fait, donc tu le fais mieux, et donc tu peux avoir un meilleur impact sur le monde”. Aujourd’hui elle a trouvé sa mission de vie : militer pour la liberté.
Si Thérèse n’avait plus aucune raison de militer, elle n’aurait plus aucune raison de vivre. Elle lutte pour un monde meilleur, pour transmettre aux plus jeunes, c’est le sens de sa vie.
UNE QUESTION FONDAMENTALE POUR CEUX QUI SOUHAITENT CHANGER DE VIE

Il est possible de vivre avec le juste nécessaire. Thérèse l’a vite remarqué une fois ses revenus diminués.
Sa rupture conventionnelle lui a permis de toucher les aides de Pôle Emploi, un tremplin vers sa vie d’aujourd’hui, qui lui correspond vraiment.

Thérèse a participé à un séminaire sur la peur. En plus de bouleverser son rapport aux relations personnelles et familiales, elle y a fait un travail sur la peur de manquer et son rapport à l’argent.
Difficile pour la famille de Thérèse de comprendre ce tournant professionnel après le parcours académique qu’elle a fait. Cela étonne généralement ceux qui s’intéressent à elle ! Le soutien n’a donc pas été au rendez-vous pour ses débuts, mais aujourd’hui tous les doutes sont levés, ses proches se sont rendu compte de son degré de passion.
Thérèse est poussée par des croyances qu’elle adopte et remet en question, elle croit en la nature, en l’équilibre des choses, à la fluidité de l’être humain ; elle lit beaucoup, des sujets autour du développement personnel, de la métacognition, de la philosophie, de la psychanalyse et a trouvé d’autres réponses en s’ouvrant encore plus à la médecine parallèle.
En 2019, la Vague a sorti son deuxième EP. Et une tournée était prévue en 2020. Mais la crise sanitaire et le confinement en ont décidé autrement. La tournée a bien entendu été annulée. Une situation inattendue, impensable. Le label a investi dans la production du disque et l’annulation représente une perte sèche.
Le bon côté des choses ? Confinée seule, Thérèse a commencé à composer elle-même ses musiques. Une envie qu’elle avait en tête depuis longtemps, sans jamais oser. Elle a réalisé qu’elle en était capable ! Une nouvelle aventure se profile...


  • Consommer sa dose d’inspiration quotidienne (talk, podcasts, livres, instagram…)
  • Ecrire pour vider sa tête
  • Avoir une bonne hygiène de vie : manger équilibré et dormir suffisamment
  • Danser et se laisser emporter sa folie enfantine


Thérèse nous recommande vivement le podcast Méta de choc par Elisabeth Feytit. “Et si on se demandait pourquoi on pense ce qu’on pense ?” : un podcast qui fait réfléchir en profondeur et qui éduque à la pensée critique appliquée à soi.
Coup de coeur pour le compte Instagram d’Angelo Foley @balancetapeur pour transformer ses peurs en forces.



Auto-produire sa musique (auteur, compositeur et interprète)
Développer sa chaîne Youtube et créer un podcast - des nouveaux canaux de diffusion
Le cinéma, en tant qu’actrice ou réalisatrice, pour porter son message

  • Se sentir libre de dire, en utilisant tous les moyens qui lui plaisent
  • Transmettre
  • Militer
  • Créer, tester
  • Être à l’écoute des opportunités




ÊTRE SOI-MÊME, AUSSI VITE QUE L’ON PEUT, MAIS À SON RYTHME


GLANER AUTOUR DE SOI



FAIRE SES PROPRES CHOIX


NE PAS CULPABILISER, NI REGRETTER

LA PEUR SERA TOUJOURS LÀ, MAIS IL FAUT MUSCLER SON COURAGE




POUR CONTACTER THÉRÈSE c’est ici :
Sur Instagram : @tcommetherese
Retrouvez son travail avec le hashtag #styledbytes
Sa chaîne Youtube sur le Self-love

LES RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE
Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant de Christel PetitcollinDialectique du moi et de l’inconscient, Carl Gustav Jung
Podcast Métadechoc
Compte Instagram @balancetapeur


- Publié en Juin 2020 -

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